Bil’in

Récit de Geneviève Coudrais
samedi 28 mars 2009
par  A.B.
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Je suis partie le 18 avril dernier [2005] pour la Palestine avec un groupe d’anciens réfractaires à la guerre d’Algérie désireux de manifester concrètement sa solidarité avec le peuple palestinien et avec toutes forces de paix d’Israël, spécialement avec les refuzniks dont ils se sentent particulièrement proches. Nous avons terminé la reconstruction de la maison de Salim et Arabyia Shawamreh quatre fois détruite sur ordre du département du ministère de la défense israélien et cinq fois reconstruite par les militants de l’ICAHD (comité israélien contre les démolitions de maisons) qui font de cette reconstruction une méthode de résistance non-violente, maison destinée, à défaut de pouvoir être habitée par ses propriétaires, à devenir un Centre International pour la Paix. Nous avons, bien sûr, eu des contacts avec des militants de paix des deux peuples et pouvons, notamment, à notre retour, témoigner de la vitalité, de l’énergie et de la détermination du peuple palestinien qui tente, par tout moyen, de résister tant à l’occupation qu’au « sociocide » dont il est l’objet, en reconstituant un tissu social sans cesse détruit par les bombardements, les assassinats, les détentions arbitraires, les vols de territoire, les destructions répétées des maisons et de la terre même, l’enfermement, etc . Un des temps forts de notre séjour a été notre participation à la manifestation de Bil’in du 28 avril contre l’érection d’un mur qui spolie les habitants de ce village de ses terres agricoles au mépris de toutes règles de droit internationales et c’est le récit de la résistance de ces villageois que je voudrais présenter.

Bien que l’Etat d’ Israël soit tenu de geler son expansion coloniale et de démanteler ses colonies, illégales en application du droit humanitaire international, bien que le tracé du mur ait été déclaré illégal par la décision du 9 juillet 2004 de la Cour Internationale de Justice, le mur du village de Bil’in (1500 habitants), à l’ouest de Ramallah a été spécifiquement pensé pour incorporer la nouvelle colonie de Menorah, et l’ extension de la colonie ultra-orthodoxe existante de Kiryat Sefer et de celles de Matityahu Misrah et de Modi’in Ilit que les gouvernements israéliens veulent annexer à Israël. Il frôle les maisons du village et a déjà permis la confiscation de 15O hectares de terres cultivées (les trois quarts des terres du village), principalement des oliveraies qui restaient le seul moyen de subsistance de ses habitants depuis qu’ils ne peuvent plus aller travailler en Israël. Ce n’est hélas, pas la première fois que les habitants de Bil’in sont confrontés à une telle spoliation : il y a dix ans, déjà, que des oliveraies ont été volées et détruites par des bulldozers pour permettre la construction de colonies.

Depuis que la Cour Suprême a rejeté le recours des habitants de Bil’in et que le gouvernement a arrêté le tracé du mur, pratiquement chaque jour, hommes et femmes marchent vers le site de construction pour tenter de bloquer le travail des bulldozers qui arrachent les oliviers et les séparent de leur terre. En rétorsion, l’armée envahit le village, de jour comme de nuit, les soldats entrent dans la maison et frappent leurs habitants. Des dizaines d’entre eux ont été blessés par le tir de balles en caoutchouc (en réalité en métal, recouvertes d’une fine couche de caoutchouc), de bombes assourdissantes et grenades lacrymogènes, armes non mortelles, en principe, mais qui peuvent s’avérer très dangereuses par un tir à courte distance. Une maison de Bil’in a déjà pris feu par le tir d’une bombe sonore par les gardes frontière.

C’est pourquoi, à la demande des habitants de Bil’in, les mouvements israéliens « Gush Shalom », « Anarchists against the wall », « Ta’ayush » et « the women’s coalition for peace » ont décidé d’une manifestation pacifique commune sur les lieux tous les vendredis.

Un Comité du Village a été constitué qui comprend cinq membres représentatifs des partis et des association sdu village, responsable de toutes les décisions d’urgence.

Ainsi, le 28 avril 2005, il était prévu dans une manifestation menée unitairement entre mouvements israéliens et palestiniens, de planter symboliquement quelques jeunes oliviers sur le site. C’est à cette manifestation que nous nous sommes joints, partant de Jérusalem en bus, avec environ 200 Israéliens. Des instructions étaient données dans les bus de rester strictement non-violents. Les organisateurs de la manifestation s’attendaient à ce que les bus soient arrêtés en route et s’étaient préparés à cette éventualité. Ils ont donc été tout à fait surpris que nous puissions tous quitter les bus pour gagner des taxis et rejoindre des milliers de Palestiniens au village, sans encombres.

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Nous sommes partis ainsi vers le tracé du mur dans une manifestation d’hommes, femmes et enfants. En tête du cortège marchaient l’ancien ministre palestinien Kaduré Farès, le candidat palestinien à l’élection présidentielle, Mustapha Barghouti, les membres arabes de la Knesset Barakeh, Zalhalkeh et Dahamsheh, les chefs de village, les pacifistes israéliens bien connus comme Uri Avery, Michel Warchawski et autres avec des branches d’olivier à la main. Un puissant haut-parleur annonçait en hébreu « c’est une manifestation pacifique et non-violente », afin que nul n’en ignore et surtout pas les soldats israéliens que nous voyions courir à quelque distance de là sur les flancs de la manifestation.

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M.K. agressé par un garde-frontière israëlien

A environ un kilomètre du tracé, un cordon de gens de la sécurité, sans aucun insigne ou signe d’identification a arrêté la manifestation et, sans aucun avertissement, a tiré une salve de grenades lacrymogènes. Certains manifestants ont cependant pu dépasser ce cordon, la manifestation se trouvant ainsi coupée en deux, mais ils ont été arrêtés par un second barrage et à nouveau arrosés de gaz lacrymogènes. La tête du cortège était parvenue à 50 mètres du tracé de mur quand elle a été à nouveau arrêtée. MK Barakeh a tenté de parlementer avec un officier et pendant qu’il discutait a été blessé à la jambe par une grenade à blanc tirée à courte distance. Un soldat a arraché la pancarte que portait Uri Avnery, l’a poussé sauvagement et l’ frappé.

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La suite de la manifestation n’était pas en reste : grenades lacrymogènes (il y avait longtemps que nous n’y avions pas goûté) , bombes assourdissantes, grenades à blanc, balles en caoutchouc ou en plastique (même principe), balles de sel (importées d’Amérique au début des années 1990 et non encore utilisées par crainte d’un tollé de la part de l’opinion publique) et balles de poivre causant des blessures particulièrement douloureuses.

Nous avons vu des jeunes au visage masqué d’un keffieh jeter des pierres. Nous avons su ensuite qu’un des chefs du village de Bil’in, Muhammad Hatib, leur a crié : « nous avons décidé de ne pas lancer de pierres ! si tu veux jeter des pierres, fais le dans ton village mais pas dans le nôtre. A propos, de quel village es tu ? » L’homme s’est alors tourné vers lui, a retiré son keffieh, lui a substitué un calot militaire, a sorti un revolver et avec autres prétendus jeunes Palestiniens procédant de même, a arrêté deux des Palestiniens qui cherchaient à les calmer, Riad Mohamad Yassin et Alian Ibrahim les Ahmad Abu Rachme. Muhammad Hatib a lui reçu quatre balles dans le dos. Il était ainsi révélé (et heureusement filmé) que la manifestation était infiltrée par des forces de sécurité cherchant le prétexte d’une répression violente. Cette infiltration a été par la suite reconnue par les sources militaires.

La répression a duré environ deux heures et les manifestants n’ont consenti à se disperser que lorsqu’ils ont eu l’assurance que les personnes arrêtées seraient relâchées, ce qui n’a pas été fait par la suite. Les protestations envoyées au Premier Ministre d’Israël, de ce chef, ont reçu la réponse stéréotypée selon laquelle le volume de lettres reçu ne permettait pas de réponse personnelle. Souhaitons qu’il soit effectivement submergé de ces protestations.

Il s’est donc avéré qu’un piège avait été tendu pour permettre à une nouvelle unité du Service des Prisons (habituellement utilisée pour réprimer sauvagement les mutineries en prison), dénommée Massada, un exercice d’entraînement par l’utilisation de nouvelles méthodes telle l’infiltration de la manifestation par des soldats « arabisés » qui se fondent dans la foule ou l’utilisation d’armes nouvelles.

Cette répression sauvage est d’autant plus remarquable que le même jour, à quelques kilomètres de là, une autre manifestation se tenait à la colonie Homesh, non loin de Jénine, à laquelle participaient des dizaines de milliers de colons et leurs sympathisants contre l’évacuation prévue de cette colonie. Ils avaient juré de saboter cette décision. Des centaines de soldats et de policiers stationnaient tout au long de la route pour...les protéger de toute éventualité. La radio officielle « la Voix d’Israël » avait annoncé à ses auditeurs que la police de la route opérait selon les instructions des dirigeants du Conseil des colonies...

Pour Uri Avnery, faisant le récit de ces deux manifestations (publié le 2 mai 2005), « les directives de l’armée sont tout à fait logiques : embrassons les colons parce qu’ils sont nos frères et frappons les militants pacifistes parce qu’ils sont l’ennemi »

Le journal Haaretz, dans son numéro du 29 avril, a relaté les conditions de la répression de la manifestation de Bil’in. Il rapporte qu’il y a une dizaine de blessés parmi lesquels MK Mohammed Barakeh et un photographe de presse. Interrogeant les sources militaires, celles-ci ont reconnu que « le jet de pierres par des forces infiltrées fait partie de la stratégie employée en de telles occurrences », tout en prétendant qu’à Bil’in, il n’avait été effectué qu’après que de jeunes Palestiniens aient adopté cette tactique ! Il est relevé, à cet égard, que MK Barakeh a saisi diverses autorités, l’Avocat Général Menachem Mazuz, l’Avocat Général Militaire Avihai Mandelbit, le chef du département des investigations du ministère de la justice, Herr Shviro, d’une demande d’enquête criminelle.

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Depuis, chaque vendredi a lieu une nouvelle manifestation . Ses organisateurs continuent de préconiser l’emploi de méthodes non-violentes et ses militants consacrent un temps considérable pour trouver de nouvelles méthodes de combat. Il leur est arrivé de s’enchaîner aux oliviers, de transporter des cercueils, de déposer de fausses pierres tombales en arabe, en hébreu et en anglais avec le texte suivant : « reposez en paix, le village de Bil’in est mort quand ses terres lui ont été ôtées » ; des étrangers et des Palestiniens se sont fait enfermer dans une cage au pied des bulldozers ; une autre fois, la marche a été menée par des personnes rendues infirmes par les forces d’occupation et par d’autres personnes portant le nom des 3800 Palestiniens tués depuis le début de la deuxième intifada en 2000.

La Cour Suprême étant appelée à nouveau à statuer sur le recours de villageois de Bil’in, le 14 juin, 50 enfants du village sont alllés à Jérusalem représenter le village aux auditions de la Cour, aucun adulte ne s’étant vu attribuer un permis pour effectuer les 20 km qui les sépare de la Capitale. L’appel a été rejete.

Pendant la dispersion forcée de la manifestation du 17 juin, trois israéliens et deux palestiniens ont été arrêtés. Les prisonniers palestiniens sont Abdullah Abu Rahmeh , un membre dirigeant du comité légal contre le mur à Bil’in et son frère Rateb. Rateb est un travailleur social et lecteur à l’Université de Jéricho tandis que Abdullah enseigne la literature arabe. En dépit du fait que les Israéliens et les Palestiniens ont été arrêtés en même temps et dans des circonstances similaires, leur traitement a été différent. Les militants israéliens détenus ont été inculpés d’ « entrée dans une zone militaire » et libérés après une journée à la condition qu’ils ne reviennent pas sur le territoire du mur de Bil’in pendant les quinze jours suivants. Les frères Abu Rahmeh ont été gardés en détention et inculpés de « jet de pierres ». Cette inculpation est fausse ainsi qu’il est mis en évidence par une bande vidéo filmée par Shai Polak, photographe de TV Channel 8, qui montre quelle était leur conduite pendant la manifestation , à tel point que le juge militaire devant lequel ils sont passés a réprimandé la police pour avoir menti et a ordonné qu’ils soient libérés. Si Abdullah Abu Rahmeh a été libéré effectivement le 22 juin, sous caution (5000 shekels) le cas de Rateb a été différé, son dossier a été égaré et le ministère public a fait appel de la décision ordonnant sa libération...qu’il a finalement obtenue.

Le 8 juillet 2005, jour anniversaire de l’arrêt de la Cour Internationale de Justice de la Haye qui a déclaré que la « barrière de sécurité » viole le droit international et qu’elle doit être démantelée, a eu lieu une nouvelle manifestation à Bil’in pour laquelle a été battu un grand rappel. Abdullah Abu Rameh avait été convoqué la veille et il lui a été dit que si les villageois de Bil’in continuaient leur combat il leur arriverait la même chose qu’à Bidu, village où l’armée a tué cinq manifestants il y a quelques mois.

Un rouleau de fil barbelé barrait la route . Juste derrière, un panneau avait été dressé : « sous mon autorité, comme commandant militaire en Judée et Samarie, par la présente je déclare ce territoire zone militaire - y entrer est interdit sauf avec un permis spécial... ». A une grande distance derrière les barbelés et le panneau les soldats attendaient - une masse compacte avec des casques, des fusils et des boucliers de plastique bien visibles - C ‘est alors que Sheikh Tayseer Tamimi, chef de la cour suprême islamique dans les territoires palestiniens, membre du Fatah, avec un aplomb parfait, portant un vêtement sacerdotal magnifique, a dépassé les barbelés, est entré avec élégance dans la zone interdite, a dressé un beau tapis de prière, s’est agenouillé en direction de la Mecque et a commencé de prier. Des centaines d’autres ont suivi faisant de même avec des panneaux de carton pour protéger leurs genoux et leurs coudes de l’asphalte chaud. Le panneau militaire, avec sa sévère interdiction, a été également retourné pour devenir un tapis de prière improvisé.

Les manifestants non musulmans sont restés respectueusement à l’arrière. Une belle voix a chanté le credo musulman, chaque mot étant clairement énoncé. Ce fut un moment solennel, même pour ceux qui n’ont que peu d’attrait pour la religion en général et pour l’islam en particulier - même les soldats de l’autre côté y semblaient sensibles, restant tranquilles et pétrifiés pendant toute la prière.

Après cet épisode religieux, l’ensemble des manifestants est entré dans la zone interdite. Quand il a été assuré au commandant militaire que la manifestation allait bientôt cesser, il a dit que les soldats repartiraient et pour la première fois, il a semblé que la manifestation du vendredi de Bil’in se terminerait sans une violente répression, laquelle s’est tout à coup brutalement déclenchée.

Elle a été très dure, même au regard des moyens habituellement employés à Bil’in. Alors qu’habituellement des manifestants arrivent à contourner des tirs de grenades et respirer un peu, les grenades explosaient de tous côtés et les manifestants ont couru se réfugier dans les premières maisons du village. Mais des jeunes sont repartis par des chemins détournés, transportant des pierres et des frondes. Les soldats ont réagi sans que l’on puisse savoir si c’était à balles réelles ou en caoutchouc. Selon les dires d’Uri Avnery, « ce n’était plus une manifestation mais une bataille rangée ». Il y a eu de nombreux blessés.

Ignorant le déroulement même de la manifestation, les radios d’Israël ont fait état d’une manifestation violente à Bil’in et du jet de cocktails Molotov par les jeunes !

C’est alors qu’est arrivée la nouvelle de la mort par balle d’un jeune garçon de 15 ans, Mahyoub Assi, dans un village voisin, Beit Likia, au cours d’une manifestation où il n’y avait ni Israéliens, ni internationaux ni dignitaires palestiniens.

Plus de cent manifestants sont alors allés protester devant le Ministère de la Défense à Tel-Aviv . Parmi eux, un jeune refuznik circulait pour diffuser l’appel à l’aide d’autres villages (près de la colonie d’Immanuel ) contre le début du travail prévu pour le lendemain matin des bulldozers.

Uri Avnery, relatant ces deux manifestations, concluait : « le combat continue »

Le 2 septembre 2005, alors que la manifestation devait commencer à 13heures, les soldats de l’occupation israélienne sont entrés dans le centre du village, vêtus de leurs vêtements et casques anti-émeute et ont lancé une attaque afin de l’empêcher au moyen des grenades assourdissantes ou lacrymogènes, des balles en caoutchouc et même de balles réelles.

S’adressant à Mohammed Al Khateb, l’un des principaux coordinateurs de la résistance de la résistance pacifique, un soldat qui l’arrêtait et le frappait lui a dit « nous ne voulons plus de ces manifestations à Bil’in » , ce que lui avait déjà dit un commandant qui était venu chez lui. Il lui avait répondu : « vous avez le pouvoir de l’occupation, mais nous continuerons de manifester même si nous sommes obligés de le faire à l’intérieur de nos propres maisons, nous continuerons à le faire ». Plus tard, ce même commandant lui a signifié qu’il était maintenant interdit de manifester avec des internationaux ou des Israéliens : il lui a dit que s’ils voulaient manifester, ils devraient le faire seuls.

L’activiste de l’I.S.M. Greta Berlin a déclaré au New York Times : « nous les avons affrontés avec nos sacs à dos, nos sandales et nos pancartes. Ils nous ont agressé avec leur équipement anti-émeute ».

Cette action des militaires israéliens est une tentative délibérée pour empêcher la résistance non-violente et la solidarité des pacifistes israéliens et étrangers avec les Palestiniens.

Pour résister à l’instauration d’un couvre feu dès 5h du matin, aux arrestations préventives d’Israéliens et d’Internatonaux, l’association Gush Shalom a lancé l’idée d’un concert de piano pour le 23 septembre suivant. A cette fin, Jacob Allegro Wegloop, pianiste a été contacté. Il vit aux Pays Bas où il est né en 1943. Confié à la résistance hollandaise, il a pu survivre à l’holocauste alors que ses parents, arrêtés peu après sa naissance n’étaient pas revenus des camps d’extermination nazis. Il a étudié le piano en Israël mais est revenu à Amsterdam dans les années 70, désapprouvant la politique qu’il voyait mise en oeuvre, tout en restant en contact avec les mouvements pacifistes israéliens qui luttent contre l’occupation et la colonisation des terres palestiniennes. Il a donc accepté d’offrir sa musique en symbole de paix.

Le 29 septembre, un piano étant arrivé dans la nuit et installé en plein air, Jacob Allegro Wefloop a ainsi offert des oeuvres de Chopin et de Schubert aux habitants de Bil’in et terminé sa prestation par l’hymne national palestinien. Ayant des difficultés pour déchiffrer la partition manuscrite qui lui avait été remise, ce sont les enfants du village qui ont entonné le chant national et l’ont aidé à arriver à la note finale. Après la prière du vendredi, la marche de protestation s’est ébranlée mais s’est interrompue rapidement devant les soldats qui bloquaient l’accès du chantier. C’est alors un chanteur américain de musique folk qui a lancé quelsques notes de guitare.

Le 21 octobre, les villageois de Bil’in ont fait ce que les Nations-Unies et la communauté internationale n’ont pas fait depuis plus d’un ans, ils ont mis en application la décision de la Cour Internationale de Justice qui a déclaré que la barrière était illégale et devait être démantelée : ils ont enlevé les poteaux métalliques qui devaient être utilisés en tant que bases pour la barrière d’annexion construite sur leurs terres. En réponse, les soldats israéliens ont mené des incursions nocturnes à Bil’in où ils ont fouillé chaque maison et rassemblé les militants connus pour leur participation aux manifestations non-violentes, tout en veillant à ce que le village ne puisse pas dormir pendant toute l’opération. Dans la nuit du dimanche, les militaires israéliens ont distribué un tract en arabe avertissant les villageois qu’ils considéraient que les dommages faits à la barrière comme étant de la violence contre des biens de sécurité de sorte que la vie quotidienne des villageois serait perturbée en raison de ces actes. Onze militants palestiniens non-violents, dont un jeune de 16 ans et trois frères d’une même famille ont été arrêtés. Le mercredi, une unité d’environ vingt soldats avec des jeeps et à pied ont encore envahi le village et procédé à la fouille des maisons et cela pour la troisième nuit en cinq jours. Les habitants du village et quelques volontaires israéliens et internationaux sont sortis des maisons et ont encerclé les soldats en chantant et en scandant des slogans.

C’est pourquoi le vendredi suivant, 28 octobre, était prévue une nouvelle manifestation où les villageois devaient porter un message de vingt mètres de long, marchant les mains liées et portant les noms des manifestants toujours en détention.

Car, ainsi qu’il avait déjà été dit « le combat continue ».

Sources : outre nos propres souvenirs, le tract d’appel à la manifestation, les récits d’Uri Avnery , le site de Gush Shalom : www.gush-shalom.org sur lequel on peut trouver une vidéo de la manifestation du 28 avril , le site A.F.P.S. : www.france-palestine.org et le site ISM www.ism-France.org.

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