2017 Assemblée générale

dimanche 23 avril 2017
par  A.B.
popularité : 93%

Au Monastère de Sainte-Croix, entre Die et Saillans (Drôme), du 4 au 6 avril 2017

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Sont présents de gauche à droite : Alain LARCHIER, Anne-Marie LARCHIER, François CHOUQUET, Claude VERREL, Maja GROSZ, Monique BEL, Anne-Marie RESSOUCHES, Yvon BEL, Anita BERNARD, Brigitte SIMÉON, Élisabeth JANSEM, Michel LEFEUVRE, André BERNARD, Robert SIMÉON, Tony ORENGO, Michel HANNIET, Christian FIQUET, Françoise FIQUET, Jean LAGRAVE, Paul GROSZ.
Il manque Irène et Éric POT sur la photo.
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Nous sommes au Monastère de Sainte-Croix, aujourd’hui centre international de réunion, de stages et de conférences, géré par l’association des amis de Ste Croix, tournée vers l’échange des savoirs, des pratiques et des expériences. Sainte-Croix est un lieu en restauration et réhabilitation du bâtis par les Compagnons du devoir assistés par de nombreux bénévoles. Son projet est axé sur la protection environnementale, la transition écologique, l’agro-écologie, la coopération avec les producteurs locaux. Pôle de formation pour les élèves de la région aux activités écologiques et à l’apprentissage de la citoyenneté, l’an dernier un premier parlement d’élèves s’y est tenu pour écrire une constitution pour la protection de la nature, honoré par la présence de Christiane TAUBIRA. La rencontre des réfractaires a lieu dans un grand salon du rez-de-chaussée. Au premier étage, une troupe de danse est en stage dans la grande salle. Le contact sera vite établi au moment des repas.

En cliquant sur Word ci-dessous vous trouverez le compte-rendu établi par François Chouquet (troisième à partir de gauche). Ce texte est également reproduit ci-dessous.

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L’accueil des réfractaires a lieu dès l’après-midi du mardi 4 avril

Mercredi 5 avril, de 9h à 12h, assemblée générale.


Pas d’ordre du jour, beaucoup de questions.

Tony Orengo, président de séance, ouvre l’assemblée en constatant que parmi les adhérents, trente sur la liste, certains ont de plus en plus de mal à se déplacer. Il les salue en pensant qu’ils auront plaisir à avoir des nouvelles par ce compte-rendu. On ne peut attendre que l’association devienne virtuelle. La veille, lors des premiers échanges, on a dit qu’il était important de chercher à se faire connaître mieux, en prospectant du côté des professeurs d’histoire et de philosophie, et d’élaborer avec eux des rencontres avec les classes d’élèves.

D’autant, fait remarquer Paul Grosz que c’est pourtant nous, les réfractaires à la guerre d’Algérie, qui avons défendu la République et ses bases, alors même que les juges nous reprochaient nos positions, et il était pour lui incompréhensible et insupportable d’être l’objet de cette inversion des valeurs.

Brigitte Siméon : Nous avons fait des choses, même si c’est informel. Le petit livre rouge a été réalisé cette année (voir rubrique) ; l’âge arrive, mais il ne faut pas minimiser.

Tony : Il y a le site internet sur lequel Anita met les choses qu’elle reçoit. Le site reçoit une cinquantaine de visites par jour. Sur un an, ça fait 30.000 personnes qui consultent. Par ailleurs, le petit livre rouge, « La Désobéissance civile des Réfractaires Non-violents à la guerre d’Algérie » (éditions libertaires, janvier 2017), peut être commandé chez André Bernard pour 3 euros + le port sinon le prix est de 6€+le port !. Et il y a le dernier roman d’Alain Larchier, « Un an maire d’Eure », un chapitre y est consacré à un objecteur de conscience.

Alain Larchier : Pour intéresser les jeunes, mais pas seulement, à la question du refus, de l’objection de conscience, de la désobéissance civile, j’ai pensé que l’on pourrait organiser un concours de nouvelles, un texte de 4 à 10 pages, où les candidats pourraient se confronter à la question de la désobéissance, pas nécessairement celle que nous avons opposée à la guerre d’Algérie, mais celle que peut leur dicter l’état présent du monde et de la société. Ca marche très bien les concours de nouvelles, il y a un site spécialisé là dessus, moi-même j’en organise un depuis mon village en Beaujolais. Il faut alors définir un thème, écrire un règlement, décider d’un prix, et cela pourrait élargir de manière créatrice notre audience.

Tony : Excellente idée ! Qui va le faire, les réfractaires, le bureau ? Si c’est le bureau, nous sommes actuellement 5, j’en profite pour dire que ce serait bien d’élargir aussi le bureau ! Qui veut en faire partie ?

André Bernard : Pourquoi on ne serait pas tous le bureau ?

Tony : Ill s’agit de donner un peu de temps, pour faire aboutir les choses, par exemple ce concours de nouvelles. Il ne faut pas non plus que l’on soit trop. Nous sommes actuellement 5 : Christian (Fiquet), Jean (Lagrave), Tony (Orengo), Anita (Bernard), Claude (Verrel).

Alain Larchier et Robert Siméon donnent leur accord pour entrer au bureau, désormais fort de 7 membres.

NB : Il semble qu’il y ait confusion entre CA et bureau. Quoi qu’il en soit on confie en l’occurrence la réalisation à un petit groupe compétant et volontaire.

Faire, pour quoi ?

Brigitte : Hier, on a évoqué d’autres idées. Par exemple on a pensé que nous pourrions avoir un film moins long. 1 heure de film, c’est dur de mener une discussion après. On pourrait essayer de le réduire.

François Chouquet : Selon moi, un film réalisé, ce film, ne peut être raccourci sous peine d’être réduit à rien de cohérent et de sensé. Cela deviendrait un bout à bout sans enjeu ni raison. Si l’on veut faire quelque chose de plus court, une présentation de l’histoire et de l’engagement des réfractaires, il faut faire quelque chose de nouveau, d’inédit. Celui qui a été fait en 2003 vaut désormais en soi, c’est un témoignage à conserver précieusement, une archive.

Paul Grosz : Cette hypocrisie de l’époque de la guerre d’Algérie, nous en avons été témoins. Et puis avant c’était au Vietnam. Aujourd’hui ça continue. Nous sommes aujourd’hui témoins d’une actualité très violente où l’hypocrisie est toujours là. Ce contexte d’aujourd’hui nous devons aussi nous y inscrire et en tenir compte dans nos témoignages.

Christian : On en a parlé hier. Sur les problèmes d’actualité, on a des différends. Chacun a son avis. Nous, comme association, on a à intervenir comme mémoire sur (et contre) la guerre d’Algérie. Pour le reste, on est partagé, et on va chacun vers des engagements individuels.

Paul : On est quand même tous des gens contre le colonialisme.

Christian : Oui, on est d’accord sur les guerres coloniales. On a là un ciment qui scelle notre fraternité. Mais si l’on parle du reste, on va se diviser. Par exemple si l’on parle des élections, je ne le souhaite pas.

Paul : La colonisation en Palestine, c’est aujourd’hui, on est tous contre oui ? Il faut la condamner. Comme autrefois la guerre du Vietnam. On ne peut céder devant l’hypocrisie généralisée. Si on veut refaire un film, ça doit trouver place. Certes, c’est un travail considérable, ça demande un investissement intellectuel.

Anita Bernard : Mon idée, c’est qu’il faut quand même un autre outil. Nos positions de l’époque, qui restent toujours valables, ne se prêtent pas à une discussion avec un film d’une heure. Nous l’avons expérimenté à la « Librairie Champêtre » à Limoges. Il faudrait un autre format, un film d’un quart d’heure.

Alain : Ce que l’on peut faire, c’est plus simple à fabriquer qu’un film, c’est un diaporama. Un montage photographique, accompagné d’écrits, sur quoi on peut rajouter du son, un commentaire, des voix.

Anita : Attention, on n’a plus de documents.

Tony : On peut s’adresser à la BDIC (Bibliothèque de Documentation et d’Information Contemporaine, à l’université de Nanterre), où nous avons déposé notre doc.

Anita : Avec Yvon, on a récupéré quelques photos, mais on a tout donné.

Brigitte : Diaporama, vidéo, à choisir, ce n’est pas si compliqué que ça. Ce qui compte, c’est le sujet. Va-t-on faire une biographie, comme dans le livre ? Va-t-on traiter le sujet que Paul indiquait ? Celui du petit livre rouge ? Quoiqu’il en soit, il me semble que l’important est de continuer à témoigner, y compris au niveau de ce qui s’est passé pour les soutiens.

Michel Hanniet : Avec le diaporama, on va voir des gens qui avaient alors 20 ans. Avec un film, c’est ce qu’on est aujourd’hui, ce qui selon moi n’a aucun intérêt. Je rappelle qu’il y a aussi le film en noir et blanc sur Jo Pyronnet, que nous avions visionné sur le Causse noir en 2003.
Paul : il faut définir ce que l’on veut faire.

François : On pourrait procéder en 2 temps. Le plus simple d’abord, donc le plus rapide, le diaporama. Et peut-être cela suffira-t-il. Sinon, s’il faut compléter, approfondir, alors il y aura toujours le temps de penser à un film.

Alain : Pour le diaporama, j’en ai déjà fait, je pense qu’on peut le réaliser d’ici la fin de l’année.

André : Durée 15 minutes. 1 heure, ce n’est pas possible.

Tony : Donc, appel à documents ! Peut-être faut il un comité de travail ?

André : Alain, qui a eu l’idée, qui en a déjà fait, doit travailler en toute liberté.

Michel H : J’entends le mot « comité ». On recule. C’est un travail de création.

Brigitte : Alain, donc tu fais ce diaporama.

Robert Siméon : Ce diaporama, c’est un moyen pour en savoir plus.

Brigitte : Et le mettre dans l’actualité. Nous avons donc deux projets, deux idée-force : un concours de nouvelles, un diaporama.

Faire, pour qui ?

André : Pour tout le monde, pour tous les gens. Mais aussi écouter les jeunes.

Anne-Marie Ressouches : Actuellement je n ‘écoute que des vieux. Dans quel contexte tu écoutes les jeunes ?

André : J’écoute les gens, point.

Anne-Marie R : Relier la question d’André, écouter les gens, les jeunes, comment, pourquoi ? L’important c’est qu’il faut de la réciprocité.

Anita : Ça se passe dans le milieu où l’on se trouve. A la limite, je m’en fous des jeunes.

André : Prenez le petit livre rouge. On y montre que les historiens s’en fichent de ce qu’on a fait. Il y a un moment où nous parlons d’un compte-rendu de Marianne Debouzy qui fait commencer l’histoire de la désobéissance civile en France en 1970 (il est vrai que c’est la période qu’elle a choisie (1970-2014) pour son livre. Mais quand même, elle a zappé tout ce qu’il y avait avant, en particulier notre action civique non-violente depuis 1957 avec l’ACNV. Donc ce qu’on a à faire, c’est pour tout le monde, pas que pour les jeunes, mais aussi pour les vieux !

Brigitte : Comment faire pour que les gens le lisent…

Anne-Marie R : L’exposer à la sortie des librairies, vers la caisse, comme on le fait des petits opuscules ?

André : Ça ne marche pas, et puis un gars qui fait un truc, c’est comme créateur, la suite ne lui appartient pas.

Christian : Chez nous, il y a une grande bibliothèque, 35 000 volumes, notre livre n’y est toujours pas ! On n’est rien. Un jour, peut-être, 3 lignes dans Mallet et Isaac ? Il ne faut pas se faire d’illusion sur l’état de la société.

Alain : On pourrait participer au marché du livre à Lyon, c’est du 15 au 20 mars. Au salon Primevère, consacré à l’écologie, aux alternatives, à la décroissance, il y a aussi des conférences.

Christian : Nous allons chaque année au salon anticolonial à la Bellevilloise à Paris.

Robert : Je pense qu’il y a une ouverture à chercher au Mémorial de Caen. Il y a une sorte d’exposition permanente où nous pourrions avoir notre place.

Jean Lagrave : Les 4 ACG ont fait une démarche. En revanche, sur le plan scolaire dans la région, il y a des possibilités avec les proviseurs.

Robert : Il faudrait alors disposer d’un écran, un ordi portable avec clé USB, et le diaporama.

Paul : Le Mémorial de Caen, ça me paraît difficile. Il est consacré aux morts pour la France, nous on est contre !

Robert : Je l’ai visité à 2 reprises, la 2ème guerre mondiale y est présentée aussi sous l’angle des causes, la colonisation et la décolonisation y sont abordées, la non-violence est évoquée.

Tony : C’est vrai que nous, nous avons été mal vus. Mais au Mémorial, pour la guerre de 14, il faut souligner que c’est un général qui s’est occupé de traiter la question des fusillés pour l’exemple, des « traitres à la patrie », du « plus jamais ça ».

Jean : Le Mémorial, c’est une machine assez lourde. En Basse-Normandie, il y a un monument dédié aux 4 caporaux exécutés.

Robert : Je pense qu’on pourrait aussi écrire notre histoire sous forme de bande dessinée. Je connais une équipe à Villefranche-de-Rouergue qui font la recherche sur le sujet, par exemple les luttes populaires en Rouergue, puis ils écrivent le scénario, dessinent…

André : Oui pour la BD, s’il y a quelqu’un… mes copains des éditions « Nada » m’ont proposé un document de 70 000 signes sur le boycott.
Je passe rapidement sur Gandhi, l’Afrique du Sud, mais je reste plus longtemps sur le BDS.

Michel H : Attention, en BD, ça ne peut raconter que l’histoire d’un type. Il faut un personnage.

Alain : Ça peut être le grand-père qui raconte à ses petits enfants…

Tony : Il y a une BD, en fait 4 volumes d’une BD, qui raconte notre opération vers la Palestine…

Christian : Le voyage vers la Palestine, c’est pas nous, c’est de ton initiative personnelle.

Déclarer la paix.

Anne-Marie R : Je pense que le moment est venu de lire l’appel à la paix de Michel Lefeuvre. Je vois comme absolument nécessaire de le diffuser et se servir de tous les moyens pour le faire. A un moment où partout, dans les media, on ne parle que de guerres.

Michel Lefeuvre : Cette déclaration, je l’ai écrite il y a maintenant 2 ans, à une époque de déclarations de guerre partout, davantage, à une époque où même on ne déclare plus la guerre, on la fait. Je vous la lis.( le texte en a été envoyé en son temps aux réfractaires)

Les premières phrases de cette Déclaration de paix par Michel Lefeuvre sera adressée à l’ « Hebdo du Diois », qui avait annoncé la tenue de notre Assemblée générale des Réfractaires au Monastère Sainte-Croix (voir ci-contre).
En voici le texte, tel que nous avons demandé qu’il soit publié :


« Dans le village de Sainte Croix, où l’ancien monastère est devenu un centre d’accueil international, une vingtaine de membres de l’association « Réfractaires non-violents à la guerre d’Algérie 1959-63 (site) » se sont retrouvés pour échanger sur leur action passée et sur la désobéissance civile aujourd’hui. Qui étaient-ils et que proposent-ils ?

« Au temps de la guerre d’Algérie - explique l’un d’entre eux - nous nous étions portés volontaires pour effectuer un service civil sur les lieux de la prétendue pacification. Nous avions refusé l’action guerrière et acceptés d’être condamnés à la prison. Il en est résulté un statut légal de l’objection de conscience.

« Aujourd’hui, alors que fusent de partout des déclarations de guerre contre tel gouvernement, tel pays ou Daech…nous voudrions que soit déclarée la Paix avec tous les engagements que cela impliquerait. »

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"Dauphiné libéré"

Michel L : Tout cela passe par le dialogue, la recherche d’un point de vue commun, l’effort de ne pas taper sur l’autre, de vaincre les antagonismes. Je travaille en ce sens.

Anne-Marie R : Par rapport à ce texte de Michel, la question des antagonismes, on est devant la dureté de compréhension, par exemple par rapport au terrorisme.

Alain : Antagonisme, étymologiquement cela veut dire « angle différent ». Entendu ainsi, cela peut aider, et c’est bien compris par les gens qui acceptent de changer de vocabulaire. J’écris en ce moment sur un terroriste pour montrer que c’est aussi un humain.

Michel L : Jean Marie Muller dit qu’il faut d’abord pacifier le langage.

Anne-Marie R : Pouvoir reconnaître qu’en soi il y a toutes les racines de la maltraitance. D’abord se reconnaître dans la violence possible, et puis construire ce qui ne vit plus dans la peur, la terreur de l’esprit.

Yvon : Je comprends cette histoire de changer le langage. Mais n’oublions pas que le langage masque, neutralise le vrai.

Anne-Marie R : Avec ce faux-semblant, il faut en finir. Il faut des mots qui parlent vrai. Revenir à quelque chose qui est de cet esprit là. Sortir de ce conflit qui dans tous nos rapports. Avoir le courage de ses convictions. Se cacher derrière le silence à force de ne pas oser, c’est violent.

Michel L : « Cessez d’être gentils, soyez vrais », c’est le titre d’un livre d’un philosophe que j’aime beaucoup, Thomas d’Ansembourg. Etre tels que nous sommes sans dissimuler pour chercher la reconnaissance… J’aimerais aller plus loin. Qu’est ce qui me nourrit ? J’ai 2 ou 3 groupes avec lesquels je travaille, ça m’aide beaucoup.

André : Cesser d’être gentil, vous pouvez compter sur moi ! Etre vrai, c’est plus difficile. Moi, je fais de la contre-culture. Et avec nous, les réfractaires, c’est la 1ère fois qu’on a prononcé le mot de « désobéissance civile ». A partir de là, nous avons débouché sur les objecteurs et l’obtention de leur statut après la guerre d’Algérie. Nous, on était 30. Les objecteurs, ce sont plusieurs milliers qui vont poursuivre. Et ça c’est arrêté avec la suppression de la conscription sous Chirac en 2002. « Nous », on les a retrouvés au Larzac, avec Claude, Robert, sans qui la lutte du Larzac n’aurait pas été tout à fait ce qu’elle a été. Maintenant, j’ai une vision globale, plus large que seulement la guerre d’Algérie et ce que nous avons fait alors contre. La « non-violence » touche aujourd’hui à la question de toutes les luttes. Dans le « Monde » daté du mardi 4 avril, le mot « non-violence » est traité deux fois, dans un article sur la Guyane, dans un article sur Israël, où il est question de Palestiniens et d’Israëliens d’accord pour un traitement du conflit par la non-violence. Maintenant, que faire ? Des tas de choses, informations sur la Syrie, le petit livre rouge à diffuser, le travail sur le boycott, Sommermeyer a proposé de rééditer les lettres de désobéissants, réfractaires et insoumis…

Anne-Marie : Il y a des tas d’expériences solidaires qui se font ailleurs, qui donnent du sens à la vie. Les soutenir. Je pense à tous ces jeunes agriculteurs qui sortent du système.

Jean : Porter attention aux interventions en milieu scolaire. En 1ère, terminale, les élèves sont curieux. Ils sont très intéressés de voir physiquement des personnes comme nous qui ont participé, d’autant que les programmes d’histoire sont tenus de suivre la guerre d’Algérie.
Je me souviens de 3 classes de terminales, réunies pour la rencontre, on a parlé de l’affaire Maurice Audin, pas un bruit dans la salle. Et quand il y a des jeunes originaires du Maghreb, l’intérêt est redoublé.

Robert : Les profs connaissent.

Jean : Pas encore.

Claude Verrel : N’importe quel prof va traiter les causes de la guerre.

Anne-Marie : Alors, la déclaration de paix, est ce qu’on en fait quelque chose ou rien ?

André : Si ça t’intéresse, vous vous mettez au boulot.

Anne-Marie : C’est le groupe ! L’année dernière, je vous entendais souvent négatifs, on est quoi, demandiez-vous ? Mais enfin, bon sang, on est un groupe ! Se renourrir ensemble c’est quand même quelque chose de très précieux.

Après un rapide échange, il est décidé que les deux premières phrases de la Déclaration de paix de Michel Lefeuvre accompagneront un bref compte-rendu qui sera porté au journal local (voir plus haut).

Michel L : Pour clore cette séance et cette matinée, j’aimerais vous dire un texte de Lanza del Vasto, tiré de son ouvrage « Les 4 fléaux ».

Michel, de mémoire :

 
« Aimer quelqu’un, c’est lui vouloir du bien et lui en faire. Le premier bien à faire à l’ennemi, c’est de le délivrer de son inimitié. Mais charité bien ordonnée commençant par soi-même, il faut se délivrer soi-même de tout mauvais vouloir à son endroit. Ce qui exige un grand courage d’amour, un arrachement et un retournement. Car nous aimons nos haines autant que nos amours, et parfois plus, et sommes attachés à nos griefs autant qu’à nos plaisirs. Mais aussi, quelle récompense, quand au bout de leur peine les anciens ennemis se serrent les mains avec des larmes. Je crois que ni l’amour des amants ni l’amitié des amis ne procurent une émotion si profonde, et si forte et si fine. » Lanza del Vasto (Les 4 fléaux, p.326)

C’est sur ce beau texte à nous offert par Michel dans l’attention et l’émotion de tous que la séance est levée à 12h.


Mercredi 5 avril : réunion après-midi, 15h-17h


Cette réunion porte sur les précisions pratiques à apporter aux 3 projets décidés le matin : le concours de nouvelles sur la désobéissance, le diaporama sur les réfractaires, la bande dessinée racontant notre histoire.
Ici, le compte-rendu sera plus elliptique, ne retenant que le déroulement thématique de la discussion.

1) Choix d’un titre pour le concours de nouvelles. Sont proposés :
. refus citoyen
. refus de l’inacceptable
. ils ont dit non, pourquoi pas vous ?
. qu’auriez-vous fait ?

Quel que soit le titre, est approuvé qu’il doit comporter l’idée du « refus de l’inacceptable ». Alain Larchier prend la responsabilité de lancer le travail, de par la connaissance qu’il a du montage de ce genre de concours.

2) Discussion sur le boycott.
Robert : est-ce-qu’il y a un moment où le boycott, ce n’est plus non-violent ? Le boycott, dit Ralph Nader, ça peut devenir la défense de valeurs mercantiles
André : le boycott, ce n’est pas non-violent Entre violence et non-violence, il y a toute une gradation. Une zone grise. En 1933, en Catalogne, il y eut une grande grève aux brasseries Damm, qui a échoué. Les syndicats ont décidé la reprise du travail, mais en même temps les ouvriers ont déclenché un boycott de cette marque de bière, attaquant les camions de livraison, veillant fermement à ce que les cafés ne la servent plus nulle part, et au bout d’un temps, les patrons ont fini par accepter les revendications des ouvriers : le boycott avait gagné ! Ca demande toujours un peu d’imagination. Il n’y a pas lieu d’être dogmatique en la matière. C’est comme le sabotage. Jean Marie Muller n’est pas contre. Mais ça peut dévier.

3) Comment résister sans violence ?
André : pour le concours de nouvelles, cela pourrait être un titre
Alain : détourner la pub pour la rendre radicale
Robert : arrêter les banques pendant 24h, ça bloquerait tout
Jean : lutter contre les OGM, un copain de l’Arche, Jean Baptiste s’est lancé là dedans
Christian : la non-violence se mesure au risque qu’on prend, même un petit risque, comme la panne sèche lorsqu’on boycotte Total

4) Non-violence et conflit.
Anne-Marie R : devant un conflit relationnel, le plus fréquent c’est la violence. La non-violence, c’est d’abord se tourner vers soi : du point de vue psychique, qui je pense être, interroger cela. Puis la parole, les mots, l’échange. Au fur et à mesure l’autre me renvoie quelque chose de différent, de questionnant, de bouleversant, en l’écoutant, en m’écoutant. Je me rends compte de ce que j’induis chez l’autre. En non-violence, la base est l’effort de se rencontrer soi-même. C’est le plus difficile. On y arrive quelque peu
Brigitte : je suis très fidèle en amitié. Je regrette l’absence de Geneviève à notre assemblée
Anne-Marie : j’entends la souffrance de Brigitte
Brigitte : s’il y a un malaise, il faut le vider.
Christian : s’il y a un malaise, il est intérieur, chacun le prend sur soi

5) La suite de l’AG.
Christian : Pour poursuivre notre discussion, même s’il n’y a pas d’ordre du jour, pas besoin d’ordre du jour pour savoir ce que l’on a à se dire, j’avais quand même envoyé à tous une demande de propositions de débat. Seul Michel HANNIET m’a répondu en disant qu’il souhaitait qu’on parle de laïcité. Nous n’en aurons pas le temps
Anne-Marie R : l’ordre du jour, ce n’est qu’un cadre. Ce qui compte, c’est notre rencontre
Paul : même si c’est peu, on a évolué
Alain : tout le monde écoute et s’écoute, et répond à ce qui a été dit. Pour moi c’est très positif
Anne-Marie R : j’aurais aimé qu’on fasse un tour de table, pour mieux se connaître, se situer, savoir ce qui aujourd’hui motive, mobilise chacun et chacune d’entre nous. Quand le silencieux se met à parler, il parle beaucoup

(La séance est levée à 17h. Il est envisagé que le « tour de table » ait lieu le lendemain matin jeudi 6 avril. Un groupe de travail s’est formé autour d’Alain qui a pris l’initiative de réaliser le diaporama. Il se réunit dans une pièce voisine, composé de Brigitte, Robert, François et Alain, et commence à réfléchir aux problèmes que pose la réalisation de ce document : durée, public, historique, narratif, stylistique, collecte des documents …)

Mercredi 5 avril 18h30.

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"Journal du Diois et de la Drôme" du 31 mars 2017
Pour lire cliquez sur l’image

La soirée donne lieu à la projection de notre film « Comme un seul homme ». A notre assemblée se sont jointes 6 personnes de la région informées par l’article du journal local publié la semaine précédente, voir ci-contre.
Parmi elles, un jeune de 25 ans, qui travaille dans les plantes médicinales, une déléguée de l’association « Feu de tout bois », Léa Altman, avec qui nous envisageons des interventions à venir dans le Diois fin mai, début juin, un ancien insoumis au Maroc, Marc Ollivier, venu de Grenoble pour la rencontre, et dont vous pourrez lire le texte qu’il nous a fait parvenir dans les jours suivants. C’est le directeur du Monastère, Frédéric Sauvage, très impressionné par la découverte de notre histoire, qui a assuré l’installation et le bon déroulement de la projection. Qu’il en soit remercié. La projection était suivie d’une discussion et d’un repas délicieux composé de produits locaux.


Jeudi 6 avril, 9h30-12h.


Comme convenu, la réunion est consacrée à une communication des expériences qui nous ont marqués, essentiellement du point de vue de la désobéissance civile et de la résistance, car il est « impossible de raconter toute une vie en quelques minutes », (Robert), dire ce que l’on fait aujourd’hui et ce qui compte désormais à nos yeux, ce qui donne sens et valeur à nos vies. Du plus intérieur au plus politique, les témoignages furent passionnants.

Lors du tour de table du jeudi 6, une intervention émouvante d’Anne-Marie R qui nous propose une chanson de son cru sur la musique « Nuit et brouillard » de Jean Ferrat dont voici le texte :

Ils étaient assis là

Au soleil adossés

Paisibles et heureux

Dans ce petit café

Ils parlaient de la vie,

Ils parlaient de l’été.
Mais ils ne savaient pas
Que c’était le dernier.

Au Bataclan tout près
Ils s’engouffraient joyeux,
La musique vibrait dans leurs cœurs,
En leurs yeux.
Ils célébraient la vie,
Ils célébraient l’amour.
Mais ils ne savaient pas
Que c’était pour toujours.

La haine au masque noir,
Surgie on ne sait d’où,
A massacré le soir,
Assassiné le jour.
L’horreur a fracassé
Les échos de l’été,
Des sanglots s’échappaient
De leurs cendres glacées.

Le monde s’est ému
De nos rêves brisés.
De cet enfer pourtant
La vie s’est redressée.
L’amour s’est écrié
D’un sanglots retenu
« Vous n’aurez pas ma haine,
Vous avez perdu ».

Mes amis, mes amours,
Le livre s’est refermé
Un autre nous attend
Qu’il faudra rédiger.
Nous ne réussirons
Que nos mains enlacées.
On ne pourra plus dire
Qu’on ne s’est pas aimés.

A l’unanimité nous projetons de nous revoir l’année prochaine.
***


Un point de trésorerie (en chiffres arrondis) qui n’a pas été abordé lors de l’AG

En 2016 nous avons entré :
- 3346 € dont 511 de report 2016, 200 de cotisations, 40 de dons, 250 de livres, 85 de DVD, et 2260 d’AG.

Nous avons sorti :
- 3492 € dont 68 de timbres et 3424 d’AG (850 € sont une avance sur 2017).

Solde 2016 : - 145 €

Au 15 avril 2017 nous avons entré :
- 3025 € dont - 145 de report 2016, 220 de cotisations, 40 de dons, 54 de livres, 84 de DVD et 2772 d’AG .
Nous avons sorti :
- 2298 € dont 29 de timbres, 483 de livres et DVD et 1786 d’AG.

Solde 2017 : 727 €

***

Jeudi 6 avril, 19h30-21h. :


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Invités par une radio libre de Die, RDWA, la radio de la vallée du Diois, les réfractaires restés sur place, Anita, André, Tony, Christian, accompagnés de François, ont eu l’opportunité d’exposer à un plus large public les tenants et aboutissants de notre histoire, d’expliquer les objectifs de notre association, de rappeler les nécessités et l’urgence de développer et soutenir aujourd’hui les luttes non-violentes et la valeur créatrice de la désobéissance civile. On peut écouter l’émission sur les liens suivants :

http://namastina.free.fr/Feu/228feudetoutbois06042017.mp3

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