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lundi 9 janvier 2012
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Dessin d’Alain Lepère,
un insoumis à la guerre d’Algérie qui suivit un autre parcours que le nôtre

Pourquoi ce site ?

Le temps s’est écoulé, les archives s’ouvrent et les mémoires se réveillent, par la parole et par l’écrit, pour raconter la lutte anticolonialiste et le soutien au peuple algérien. Cependant, une lutte bien particulière menée au sein de l’Action civique non violente n’a pas encore été racontée entièrement. Certes, l’engagement était individuel et les motivations très diverses (insoumission, désertion, objection de conscience, anticolonialisme, etc.), mais l’ACNV a su fédérer un certain nombre de jeunes réfractaires à cette guerre et des personnes se déclarant « solidaires », qui demandaient l’instauration d’un service civil en Algérie.

Ce site va raconter l’histoire de femmes et d’hommes qui, un jour, dirent non en désobéissant civilement lors des premières, grandes et petites, manifestations collectives non violentes en France, manifestations qui aidèrent à la prise de conscience d’une population anesthésiée par le colonialisme. Nous ne fûmes pas les seuls à combattre, mais nous pensons que nos moyens de lutte furent originaux.

***

1957- début 1960. Contre les camps d’assignation à résidence.

Les six "Michel Hanniet", en 1961, place Bellecour, Lyon

De 1957 à 1960, des femmes et des hommes se rassemblent au sein de l’Action civique non violente (ACNV). Leur premier combat avec Lanza del Vasto et ses compagnons fut d’alerter l’opinion par divers jeûnes de protestation contre la pratique de la torture que subissaient les Algériens combattants, ou non, pour leur indépendance.

Ensuite, ils se levèrent contre la bombe atomique française qui se préparait à Marcoule (intrusion sur le site, un jeûne public devant l’usine et un autre jeûne, à Genève, aux abords du palais des Nations unies).

Puis, il y aura un jeûne et des manifestations contre les tortures en France, et les premières manifestations (en province et à Paris) contre les camps d’assignation à résidence où le pouvoir français enfermait de façon arbitraire nombre d’Algériens « suspects ».

Fin 1960-1962. L’accueil des réfractaires par l’ACNV.

Enfin, ces mêmes personnes se sont solidarisées avec les jeunes hommes qui refusaient de participer à la guerre d’Algérie ; et elles organisèrent, avec eux (et avec de nombreuses autres personnes), leur résistance. Après le cessez-le-feu, au printemps 1962, et l’accession à l’indépendance en juillet, cette action se poursuivra sous des formes un peu différentes. C’est là que l’Action civique non violente amorce une nouvelle orientation. Les réfractaires avaient adopté une attitude commune pour la durée de la guerre d’Algérie. Chacun peut désormais reconsidérer le problème en toute liberté...

1963. Un statut pour les objecteurs de conscience.

Daniel Beauvais se constitue prisonnier

Couverture du livre de Michel Auvray

Il s’agissait de maintenir la solidarité avec ceux qui étaient toujours en prison et il fallait maintenant accueillir les nouveaux qui refusaient de faire leur service militaire. Des nouvelles bases d’engagement sont fixées pour ceux qui souhaitent placer leur objection dans le cadre de l’ACNV. Le statut pour lequel Louis Lecoin fit une longue grève de la faim eut du mal à voir le jour. La pression sur le gouvernement ne se relâche pas. Ensuite, les perspectives changèrent : l’histoire des réfractaires à la guerre d’Algérie est terminée. Quelques-uns d’entre eux termineront leur période à Brignoles. Certains volontaires partirent travailler en Algérie, d’autres se lancèrent dans la création d’un centre permanent de formation et d’action non violentes.

1964-2002. De Brignoles à la suppression de tout service obligatoire.

Le regroupement de tous ceux qui ont demandé le statut aura lieu le 15 juillet 1964 à Brignoles (Var). Des nouvelles générations d’objecteurs continuent la lutte : il faudra plusieurs années pour que le service civil soit réellement effectué dans un cadre civil et accessible au plus grand nombre. Pour beaucoup d’objecteurs, le statut obtenu est insatisfaisant : certains veulent "l’améliorer", d’autres considéreront les différentes étapes comme un moindre mal qu’il faut accepter provisoirement en attendant la suppression de tout service obligatoire.

***

Depuis 2003. Une nouvelle donne jusqu’à nos jours.

Couverture de notre livre
Couverture du DVD

En juin 2003, la plupart de ces réfractaires à la guerre d’Algérie et une partie des « solidaires » qui les avaient accompagnés se sont retrouvés sur le Causse noir face au Larzac, près de Millau : la décision de témoigner est prise. Ainsi naissent les projets suivants :

- Dire leur solidarité avec les refuzniks israéliens et le peuple palestinien. Voir rubrique.
- Ecrire un livre : Réfractaires à la guerre d’Algérie, 1959-1963, édité chez Syllepse en 2005. Voir rubrique.
- Faire un film : Comme un seul homme, qui fut réalisé par François Chouquet en 2005. Commande en ligne.
- Créer le site Internet que vous consultez ici. Mis en place dès septembre 2003, dans sa première version, il ne cesse de s’améliorer par l’apport de nouveaux documents d’archives rajoutés au fur et à mesure. Nos préoccupations actuelles y trouvent aussi leurs échos.
- Lancer une action non violente en Israël et/ou en Palestine. Sujet qui continue d’être d’actualité. Voir rubrique.

Depuis les projets ci-dessus réalisés, trois problèmes préoccupent particulièrement les réfractaires :
- le conflit entre la Palestine et Israël (voir rubrique),
- la mémoire de la guerre d’Algérie (voir le travail en commun avec les 4ACG),
- et le dialogue avec les Algériens d’aujourd’hui (voir rubrique).

"Alternatives non-violentes". Voir sommaire, édito et note de lecture
Palestine, bilan de l’année
Maison détruite pour la cinquième fois

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